Les crêtes, version cantalienne
20 août 2011
Monts du Cantal
Récit de Vincent Malergue
Montage de David Gonthier
Crédits photos : XC63
Avant Propos
Quelques jours après notre sortie dans le Cézallier, David m’envoie un SMS pour me dire qu’il devrait faire super beau le week-end suivant et qu’il serait donc sympa de faire une grosse sortie : pas de problème, je suis toujours partant pour ce genre de plan ! En milieu de semaine, on décide du jour de la sortie : ça sera le samedi pour pouvoir se refaire un peu le dimanche avant d’attaquer le travail, et même si la météo annonçait plus de 33°C au Lioran pour le samedi ! David m’envoie de nouveau un SMS avec le parcours qu’il envisage : ça sera le Cantal, histoire de changer un peu, avec une nouvelle tournée des crêtes : de Murat au Plomb du Cantal, puis Thiézac, col du Perthus, Puy Griou, puy Bataillouse et retour sur Murat ; ça sera magnifique me dit-il : ça j’en doute pas ! Quelques instants après, nouveau message : 75km et 3500m de D+ : ouh punaise, ça va faire mal, ça j’en suis sûr !
Jour J
Samedi matin, 6h20, je prends David chez lui et on file direction Issoire prendre Jencris qui s’est laissé tenter par cette aventure !
7 h 45 : nous voilà à Murat, on décharge les spads, on se prépare et c’est parti pour une magnifique mais longue journée!
La météo est royale : grand soleil, pas de vent, une température encore douce à cette heure ci ! On laisse donc la voiture, on traverse la route qui monte sur Albepierre et on attaque direct sur une piste : ça monte fort mais régulièrement jusqu’au pied du puy du Bac avant de descendre sur Albepierre. Face à nous, plein Ouest, le spectacle est magnifique : vue sur le cirque de Chamalières, le Plomb du Cantal, le col de Prat de Bouc… ça promet !
| Albepierre (1045 m) |
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On traverse Albepierre (1045 m), on cafouille un peu sur un chemin pas très fréquenté. David demande à une habitante (ou plutôt "une femme à barbe" nous dit-il) si nous sommes bien sur le bon chemin : oui, c’est bien par là ! On retombe sur une piste pour quelques centaines de mètres, avant de poursuivre sur un single qui doit nous emmener à la cascade des Vergnes. Au début, ça va, puis on se retrouve face à un pré, sans aucune trace : il y a pourtant bien un chemin en théorie, mais visiblement pas sur le terrain ! On traverse le pré tout droit avant de retomber sur la piste ! A nouveau quelques mètres puis on s’arrête faire une photo de la cascade des Vergnes : sacrée chute d’eau d'une quinzaine de mètres !
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La cascade des vergnes |
Puis c’est reparti, la piste est certes large, mais d’une part, ça grimpe pas mal, et surtout, c’est plein de rochers et de pierres roulantes : donc c’est un coup sur le vélo, un coup à coté pour le pousser !
Nous voilà arrivés au col de Prat de Bouc (1392 m) : la vue sur le Plomb du Cantal est magnifique ! Quelques photos panoramiques, et c’est parti pour l’ascension jusqu’au sommet. On prend par la piste et non par le GR, ce dernier étant certainement excellent à descendre mais sans aucun intérêt à monter.
| Col du Prat de Bouc (1392 m) |
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Ça monte régulièrement sans poser le pied mais il faut quand même bien placer sa roue pour éviter les pierres roulantes, et surtout on commence à sentir le soleil qui tape fort ! On passe régulièrement au milieu de vaches, Aubrac pour la plupart, souvent avec leurs petits veaux, qui ne s’affolent pas, et ne bougent pas d’un sabot même lorsque l'on passe à seulement quelques dizaines de centimètres !
Cette montée est super agréable, d’abord parce qu'on peut tout passer sur le vélo, en forçant un peu quand même, mais surtout pour l’environnement : des vaches de partout et une vue à 360° splendide du début à la fin. ça fait plaisir !
| Montée au Plomb du Cantal |
On arrive enfin au sommet du Plomb du Cantal, 1 855 m : on peut s’arrêter, souffler un peu, et profiter de la vue magnifique : avec ce temps là, c’est magique !
| Sommet du Plomb du Cantal (1855 m) |
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Par contre, ce qui l’est moins, c'est que l'endroit est envahi de fourmis volantes : des nuages entiers s’abattent sur nous, elles piquent, rentrent partout et ne nous lâchent plus ! "Bon bein les gars, on va pas camper là hein, on va attaquer la descente et essayer de s’éloigner de ces maudites bestioles" !
Quelques mètres à pieds entre les rochers et enfin, face à nous, le GR400 et son magnifique single : ça va être énorme !
Et effectivement, c'est grandiose : slalomant entre les rochers, les vaches (pas trop pressées mais bien dressées, s’écartant pour nous laisser passer), et quelques marcheurs, on enquille cette descente en passant au col de La Pourtoune (1693m), au col de Chèvre (1618m), au Puy Gros (1594m).
| La crête sud menant au Puy Gros (1594 m) |
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Le single à flanc de montagne se transforme en trace au milieu des estives : ça envoie fort. Comme dit David, on a l’impression de voler au-dessus de l’herbe ! Et la vue est toujours aussi énorme : c’est trop bon !
La pente se fait un peu plus douce, mais la descente et la vue sont toujours tip top ! On passe la Montagne du Prat, celle du Clos, et on arrive au buron de La Tuillière (1330 m). Juste avant le buron, on bifurque à droite pour attaquer la descente qui va nous emmener à Thiézac ! Ça descend fort sur une piste avec pas mal de pierres et de rochers, je lâche un peu les freins et oublie que mon pneu arrière n’est plus en tubeless : ça ne manque pas, crevaison par pincement ! Bon, on est à l’ombre, et cette petite pause forcée ne fera pas de mal !
On répare, on mange un morceau, et c’est reparti ! Le chemin passe en foret maintenant, mais avec toujours autant de pierres roulantes !
On arrive à un gîte d’étape au dessus de Lafon, et on retrouve la route. Nous sommes dans le cantal n'est ce pas, alors c’est une route étroite, avec une méchante pente, et des lacets dignes de l’Alpe d’Huez ! 100m de D- et on quitte la route pour reprendre le GR400 !
Passage au pied d’une belle cascade, pas très haute mais large. On en profite pour faire une petite photo et on poursuit la descente dans les bois, en passant au pied du Chaos de Casteltinet. Il s'agit encore d'un single magique, qui me rappelle un peu ceux qu’on peut trouver autour de Bort-les-Orgues : un tapis de feuilles, pas de pierre, de la pente juste ce qu’il faut et plein de pif paf ! A notre gauche, des énormes rochers tombés de la falaise, elle aussi impressionnante !
Le single sort des bois et arrive dans un pré : surprise, ça monte ! On nous aurait menti : ça monte pour descendre à Thiézac ??? Un petit coup d'oeil sur la carte s’impose : verdict, on est bien sur le bon chemin, alors il va falloir grimper ! Heureusement, à la sortie du pré, le single bifurque à droite et nous voila repartis en descente. Quelques petites bosses viennent perturber notre progression. Au sommet de l’une d’elles, surprise : un énorme rocher avec une vue plongeante sur Thiézac ! En descendant un peu plus, on constate que le rocher est percé. Cette arche posée au milieu de nulle part est vraiment impressionante ! Après quelques photos de cette curiosité, on reprend la descente sur single puis on retrouve la route. Dès qu’on sort du bois, le soleil tape fort !
Cascade de Casteltinet
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Chaos de Casteltinet
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Il est plus de midi quand on arrive à Thiézac, on commence vraiment à avoir chaud, il faut donc qu’on trouve une fontaine pour refaire le plein et se rafraîchir car la suite promet d’être caniculaire !
| Thiezac (800 m) |
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L’eau fraîche sur le visage, ça fait un bien fou ! Nous voilà d’attaque pour commencer les choses sérieuses : quitter Thiézac (800 m) pour atteindre le Puy de la Poche (1500 m).
Ca grimpe fort dès qu’on quitte Thiézac, d’abord sur une petite route, puis sur une piste qui rejoindra le GR400 au gîte du Clou. A partir de là, ça commence à faire mal : de la pente, des pierres qui roulent, du gravier, et un soleil de plomb : on se croirait dans un four !
On grimpe doucement, et on arrive enfin sur un petit replat avec un peu d’air : ça fait du bien de souffler un peu ! Le répit est de courte durée, on laisse la piste pour reprendre le GR et ça grimpe à nouveau fort, avec toujours aussi peu d’adhérence, à cause de toutes ces pierres ! On arrive à la lisière de la foret, 1250 m d’altitude, il est près de 13h30 : la pause s’impose tant qu’on est encore à l’ombre !
Ah bon sang que ça fait du bien de s’arrêter, de laisser le moteur refroidir et manger un peu ! C’est tellement agréable qu’on ferait bien une petite sieste, mais bon, il faut bien se décider à repartir : la voiture est encore très loin !
Et c’est reparti, au milieu des estives, et encore au milieu des vaches et de leurs veaux, toujours aussi bien éduquées. Elles se garent tranquillement sur le coté pour nous laisser passer et nous regardent sans bouger une oreille. Heureusement, car vu comment on passe près et vu la taille de leurs cornes, si l'une d’elles avait la mauvaise idée de tourner un peu trop la tête pour voir du rose de plus près, on finirait direct en brochettes !
| Vacherie de la Poche (1377 m) |
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On passe devant la vacherie de la Poche, et on attaque une montée dans l’herbe à vaches, en plein soleil, jusqu’au sommet du Puy de la Poche : ça fait mal !
| Puy de la Poche (1500 m) |
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Arrivés au sommet (1500 m), quelques photos histoire d’immortaliser la vue grandiose, puis on longe la crête jusqu’au pied de l’Elancèze sur un single en balcon magnifique et roulant : c’est très bon !
| En direction du col sous l'Elancèze (1491 m) |
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On arrive au pied du puy de l’Elancèze. On se pose la question : "on monte au sommet (1571 m) ou pas ?" Réponse : "Bein, c’est pas que je veuille pas, mais j’ai pas pris ma frontale ! Le retour sur Murat au clair de lune au milieu des pierres roulantes, ça le fera moyen, non ?" Euh oui, bon, on reviendra faire ce sommet un autre jour, et essayer de rentrer avant la nuit !
On poursuit donc, en descendant jusqu’au Col du Perthus (1309 m) : ça fait du bien cette descente en forêt !
| Descente sur le col du Perthus (1309 m) |
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Bon, maintenant il faut remonter en direction du Puy Griou : on commence en forêt, à l’ombre, avec tantôt de la piste, tantôt du single, mais pas trop de D+ et peu de portage !
| L'approche sur le Puy Griou |
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A 1400 m d'altitude, au pied du Puy Griou, on retrouve le soleil de plomb ! Un peu d’herbe à vaches, on pousse le vélo ! Rapidement, on arrive sur un énorme pierrier, on se croirait dans les Alpes. On met le spad sur le dos et c’est parti pour 100 m de D+ au milieu de milliers de rochers, sous une chaleur écrasante mais la vue est toujours aussi grandiose !
| La traversée, sous la face est du Puy Griou |
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A 1 590 m, on retrouve enfin les estives, et surtout un peu de vent, ça fait du bien !
| La vue sous le Puy Griou (1690 m) |
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Une petite pause, histoire de souffler un peu, de prendre quelques photos de ce puy si impressionnant, et c’est reparti sur un nouveau single magnifique, en balcon jusqu’au Col de Rombière.
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| En direction du col de Rombière (1560 m) |
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A partir de là, il faut remonter, sur un single pentu parsemé de pierres : un coup ça roule, un coup il faut pousser le vélo et ça commence à tirer dans les pattes un peu depuis ce matin ! On passe sous le puy Bataillouse, près des roches de Vassivière, et on arrive au rocher du Bec de l’Aigle.
| Passage sous le Puy Bataillouse |
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| Passage sous le téton de Vénus |
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1 700m d'altitude : on est au point culminant de l'après midi, il y a pas mal de vent et ça fait du bien. La vue est énorme sur 360° !
A partir de là, le profil est descendant et c'est bon pour le moral ! Et puis il fait moins chaud maintenant, et ça aussi, c'est agréable !
| Rocher du Bec de l'Aigle (1700 m) |
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On enquille donc le GR au milieu des myrtilles avec une vue toujours aussi belle, puis dans l’herbe à vache avec pas mal de pierres. ça secoue fort mais c'est quand même agréable de descendre ! On traverse le ruisseau de Pierre Taillade et il faut remonter ! C’est heureusement pas trop violent et nous arrivons rapidement sur un plateau avec encore plein d’herbe à vaches qui nous secoue bien. On débouche enfin au buron de Peyre Gary (1422 m).
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Vacherie de Peyre Gary de l'Or (1422 m) |
Un petit coup de téléphone histoire de dire qu’on aura un poil de retard (3h) sur le programme du jour, et on amorce la descente. On commence, comme d’habitude par une piste pleine de pierres... Mais depuis quelques heures, j’ai la curieuse sensation d’être une bouteille d’Orangina, et ça commence à faire mal !
On retrouve enfin un meilleur terrain : une piste roulante qui nous emmène au village de Cheyrouze (1132 m). Je tourne la tête, et là, oh miracle, une fontaine !!! Hop hop hop, gros coup de frein, et bifurcation à gauche ! On remet de l’eau dans le Camel (5L de descendu depuis ce matin et on est encore à sec). On se passe la tête sous l’eau : ah comme c’est bon !!! Rien à dire, l’eau froide, ça vous requinque ! Enfin, le moral surtout, les jambes pas tellement !
On laisse donc provisoirement le GR et on poursuit sur la route, avant de le reprendre au-dessus du Meynial. On enquille sur le single enjambant de curieuses barrières, des clôtures, des portails... Bref, on retrouve une petite route à l’approche du château de Massebeau, puis la grande route. Murat : nous revoilà enfin !!!
Un dernière petite bosse jusqu’au Martinet, et ça y est nous y sommes : après 11 h de spad, 70 km, 3300 m de D+, 6 L de flotte avalée, 2 sandwichs, quelques barres de céréales, la voiture est enfin là ! Un petit lavage à la douche locale (un bac avec de l’eau bien fraîche), chargement des spads, des bonhommes, un bon demi bien frais sur la place du village, et nous voila repartis chez nous ! Ouah, quelle journée !
Debriefing
Quatre jours après cette sortie, David m’appelle pour savoir où j’en suis dans la rédaction de ce reportage. On fait le point, et je lui dis que s’il a d’autres tours dans le coin, je suis partant. Cela tombe bien me dit-il, "j’ai regardé un peu les cartes, et j’ai trouvé un tour de folie : un peu moins de 100 bornes pour environ 5000 m de D+ ! Mais il faudrait prévoir 15 à 20 h de vélo !!! Euh, bein en cette saison c’est trop tard pour y songer, mais garde ça en mémoire pour l’année prochaine ! Mais si t’as un petite ballade, juste de 7 ou 8h, histoire d’y retourner en prendre plein les yeux avant l’hiver, je suis preneur !"
A bientôt dans le Cantal !
Et voici pour le parcours :
Quelques précisions concernant la trace GPS :
- Le départ se fait du hameau Le Martinet, 2 km à la sortie de Murat en direction d'Albepierre. Il y a un petit parking pour garer la voiture juste avant le pont qui emjambe la rivière. Côté pratique, il y a une petite fontaine de l'autre côté de la route pour se nettoyer une fois la ballade terminée. La trace GPS attaque directe en face du parking par un petit portage. En moins de 3 m, on se retrouve sur le sentier qui surplombe la route.
- Juste après Albepierre (au lieu dit Les Trois Pierres précisement), la trace GPS nous emmène au dessus d'une ferme. Aucun intérêt si ce n'est franchir 2 ou 3 clotures en barbelés. Pour éviter ce petit passage, il suffit de rester sur la grande piste.
- 2 ou 3 km plus loin, avant d'atteindre la cascade des Vergnes, on s'est également trompé, on est légèrement sorti du PR, on a dû traverser à travers champs. Pour éviter ça, il suffit de bien rester sur le PR (tracé en rose sur la carte).
- Pour le reste c'est tout bon !!!
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