La tournée des crêtes
15 juillet 2011
Clermont-Ferrand <-> Massif du Sancy

Récit de Vincent Malergue

 

Le rendez-vous pour cette journée de fou est fixé à 2h30 du matin. Je retrouve David à Clermont-Ferrand, devant chez lui, ça tire un peu, mais la météo est avec nous : ciel parfaitement limpide et douceur relative. On monte par la route en direction du Dojo de Ceyrat où on rejoint Eric et Gildas : il est 3h00 du matin. Eric met des piles neuves dans sa frontale, on fait une petite tof pour immortaliser l’instant et c’est parti pour un très long périple.

On longe la RN89 puis on monte en direction de la ferme de Redon, puis Theix et Fontfreyde : l’air se refroidit mais ça reste supportable. Après direction La Cassière puis La Garandie. Le ciel est toujours aussi lumineux, la lune brille fortement et on alterne entre air frais et doux qui arrive par vague aussi surprenant qu’agréable. On continue sur les pistes en direction de Pessade, petite pause à la fontaine où la salade trempe déjà, puis c’est parti en direction du 1er sommet du jour.

Il est environ 5h30 quand les premières lueurs du jour apparaissent alors qu’on roule dans les prés au-dessus de Pessade. On passe à côté de 2 tentes sur le bord du chemin avant de retrouver la route pour finir d’arriver au col de la Croix Morand.

On commence l’ascension du Puy de la Tâche (1629 m), d’abord sur le spad puis à pied, à cause d’un terrain glissant dû aux pluies des derniers jours, et d’une troupe en petite forme. Il est environ 6h00 quand le soleil se lève alors que nous sommes à la moitié de cette 1ère ascencion. Quelques tofs de cet instant toujours magique, puis on poursuit en direction du sommet. On admire le point de vue et on en profite pour faire une petite pause déjeuner après 4h00 de spad.


Il ne fait pas très chaud, on ne s’attarde donc pas trop et on enquille alors sur le single des crêtes jusqu’au Puy de l’Angle (1729 m) avant de redescendre au col de la Croix Saint Robert.


On se motive, c’est parti pour une ascension de 300 m D+ jusqu’au sommet du Roc de Cuzeau (1737 m). On s’arrête là histoire d’admirer le point de vue, manger un peu et surtout se reposer quelques instants.

Après une petite sieste bien agréable, c’est reparti sur les crêtes, entre les rares randonneurs et les nombreux moutons. Arrivés au Pan de la Grange, on laisse le single pour emprunter la piste qui va nous emmener jusqu’au Col de la Cabane, au pied du Sancy.

De là, on avait prévu de suivre le GR jusqu’au Col du Couhay avant de descendre en direction de Picherande. Mais très mauvaise surprise, les VTT sont interdits sur ce secteur depuis la création de la réserve de Chastreix. Bon, consternation et colère n’y changeront rien ; et le risque important d’une amende et la fatigue nous font abandonner cette idée de parcours. Petite discussion avec des touristes de Montpellier surpris et admiratifs de nous voir ici. On monte alors jusqu’au sommet du Sancy, en portant nos vélos, sur le chemin en très mauvais état, mais pourtant aménagé.

Petite pause, tof de groupe et on redescend par les escaliers jusqu’au Pas de l’Ane. On continue la descente à pied jusqu’à la Tour Carrée. Là, on peut enfin remonter sur le spad jusqu’au Puy de Cliergue (1691 m). Il est 11h00 et on a tous très faim : nous déjeunons, avec une très belle vue sur le Val de Courre.

Après cette petite pause réparatrice on enchaîne la descente en direction du Capucin sur un single autrefois ludique et aujourd’hui cassant à cause de gros rondins de bois tous les 2m.

Arrivé au restaurant du Capucin, il est environ midi : on décide de s’accorder une nouvelle pause en buvant un demi. Ce verre bien frais et le soleil qui nous chauffe le dos nous font beaucoup de bien et nous voilà prêts pour descendre sur le Mont Dore. On emprunte la piste rouge de descente : c’est un régal, même si le terrain est fortement raviné rendant les passages bien plus chaud. Arrivés au Mont Dore, après quelques instants de vaine recherche d’une fontaine, Eric, bien fatigué, décide de nous laisser et de rentrer par la route. Nous continuons jusqu’à La Bourboule par les chemins longeant la Dordogne. Arrivés à La Bourboule, nouvelle tentative de recherche d’une fontaine. Après un bon quart d’heure à travers la ville, on réussit à trouver une fontaine.

Cela fait déjà plus de 10 heures que nous sommes partis, on remplit le camelback, David en profite pour changer ses lentilles, et c’est parti pour une nouvelle grosse ascension de 650 m D+ jusqu’à la Banne d’Ordanche. On alterne entre chemins et routes jusqu’aux environs de Murat le Quaire, puis au village vacances. De là on rejoint le PR qui va nous emmener à la Banne. Ça grimpe très fort, d’abord en forêt puis tout droit au milieu des prés.

Enfin arrivés au sommet de la Banne (1512 m) on en profite pour s’accorder une nouvelle petite pause, histoire de manger un peu et de souffler après 12 heures de vélo. Nouvelle petite tof et on se décide à descendre, car la maison est encore loin. Descente d’abord sur les escaliers en bois, puis sur un single, puis sur une piste nous conduisant au Guéry. Après des heures passées à rouler en dessous de 10 km/h, cette portion de piste roulante et descendante nous fait du bien.

Arrivés au Col du Guéry c’est reparti pour une nouvelle ascension de 200 m D+ jusqu’aux environs du Puy de l’Aiguiller en passant au pied du Puy de l’Ouire. Un peu avant on croise Guillaume Millard, qui accompagne un groupe d’une trentaine de vététistes partis pour un raid de 3 jours entre Clermont et le Claux dans le Cantal. Après une petite discussion, chacun poursuit son chemin. Arrivés au Puy de l’Aiguiller on fait de nouvelles tofs depuis ce point de vue panoramique : au sud avec tout le Sancy, la Banne d’Ordanche et le lac de Guéry, au nord avec toute la chaîne des Puys.

On poursuit notre périple en descendant en direction du lac Servière sur un single super agréable. Petite tof au Servière et on poursuit sur le GR jusqu’à Pessade. 14h00 après notre passage du matin la salade trempe toujours dans la même fontaine.Ça commence à tirer de partout, heureusement on n’est plus très loin et ce n’est que de la descente. On enchaîne les pistes roulantes en passant par Saulzet le Froid, La Garandie, Fontclairant, La Cassière, Fontfreyde. On poursuit par Theix, Redon, Saulzet le Chaud et Ceyrat. On laisse Gildas, David et moi nous rentrons par la route jusqu’à chez lui. Il est 18h15 : après 15h30 de vélo, près de 120 km parcouru et plus de 3 600 m D+ , la bouble est enfin bouclée.

Quelle journée de fou !

Et voici pour le parcours :



 

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