Récit de David GONTHIER

Site officiel du raid : www.raid-vtt.fr

De quoi s’agit-il ?

Le raid VTT des chemins du soleil, c’est d’abord deux formules différentes :

- La formule randonnée qui se fait sur 3 jours (vendredi, samedi et dimanche) avec une étape chaque jour. Elle partait cette année de Dieulefit. A l’issue de la première étape de 80 km (+ 2900m), les concurrents rejoignaient Luc en Diois. La journée du samedi et du dimanche, les étapes étaient à peu près identiques à celles du raid Elite.

- La formule Elite (ou chronométrée) qui se fait sur 2 jours (samedi et dimanche). La première étape de 59 km (+2800m) partait de Luc en Diois le Samedi à 8h15 et arrivée à Lus la Croix haute dans l’après midi. A 21h30, le départ était donné pour l’étape de nuit (41 km, + 2000m). Le lendemain, la 3ième étape (74 km, + 2600 m) menait jusqu’au Col Bayard, au dessus de Gap. Ce raid Elite se fait par équipe de 2, le but étant de rester ensemble du début à la fin. Au final, ça fait 175 km (+ 7500 m) et 56 équipes engagées au départ.

 

Pourquoi y participer ?

Cela faisait un bon moment que j’avais envie de faire ce raid vtt des chemins du soleil. Après la transvésubienne 2008, je voulais me lancer un nouveau défi dans une épreuve encore plus longue. C’est Eric qui m’avait beaucoup parlé de ce raid puisqu’il l’avait fait l’an passé avec Olivier Nicolas (voir leur reportage 2008). Début janvier, j’ai donc fixé cette course comme objectif principal de ma saison 2009.

Mon frère, qui cette année a eu envie de se mettre très sérieusement au VTT, était également tenté par cette épreuve. Il était donc logique que l'on fasse équipe ensemble. D’un point de vue logistique (comme d’un point de vue physique), ce raid demande beaucoup de préparation. J’avais donc réussi à convaincre mon père et ma copine de nous accompagner pour faire l'assistance.

 

Vendredi 22 mai :

Nous arrivons à Luc en Diois (village de départ du raid Elite) aux environs de 13h15. On se dirige de suite vers le camping des foulons afin de monter les tentes et de manger un peu. Il fait beau et chaud (32°C). Les randonneurs (partis de Dieulefit la veille) arrivent également progressivement au camping. Cela fait beaucoup de monde sur un petit espace, du coup on est très vite tassés les uns sur les autres et les sanitaires sont pris d’assaut toute l’après midi et la soirée.

Le camping à Luc en Diois

Une fois installé, on profite un peu de notre après midi en allant visiter les environs de Luc en Diois. Le coin est très joli et d’autant plus quand il fait beau comme ce jour ci. Le soir, un concert est organisé au sein même du camping. On écoute un moment puis vers 22h, on va se coucher.

 

Samedi 23 mai :

A 6h le réveil sonne, la nuit a été difficile. La température est bien redescendue (15°C) mais ça passe encore. Mon frère et moi nous habillons et vers 6h45 nous arrivons au retrait des plaques. On nous remet également le road book avec l'emplacement des balises check-point. On déjeune sous le chapiteau au centre de Luc en Diois en étudiant un peu les cartes. A 8h c’est l’heure du briefing et à 8h15 précise le raid Elite est lancé.

1ère étape :

Voir le tracé sur google earth

Cliquez pour agrandir

Cliquez pour agrandir

 

au départ...

Ça ne part pas trop vite, on monte de suite au dessus du village (570m) pendant une vingtaine de minutes puis très vite on attaque le premier col de la journée : Le col du Pinet (1210m). La montée se fait sur piste.

C’est à ce moment là, 5 km après le départ, qu’une des plaquettes avid de mon frère décide de se faire la malle. Heureusement, on avait tout ce qui fallait de rechange dans le sac, on a bien perdu 7 ou 8 min, et on est donc repartis dernier. On remonte une bonne douzaine d’équipes jusqu’au col.Ça fait du bien au moral.

Une fois là haut, on zappe le ravito pour gagner un peu de temps, et on se lance dans la descente. Elle se fait en balcon sur un petit single. On traverse de temps en temps des pierriers. Ce n’est pas trop technique, mais il vaut mieux éviter de tomber. En bas on traverse le village des Gallans (680m), et on rattaque de nouveau la montée du col du Pinet (1210m) sur une piste mais cette fois par un autre versant. Mon père et ma copine sont là pour nous encourager, ça fait du bien au moral.

Un sabot de Vénus

Le 1er ravito

Une fois au col, on redescend sur Boulc (800m).La descente sur single est magnifique et très variée.

A Boulc...

A Boulc, on attaque le 3ième col de la journée : le col Sambue (1300m). Là il y a pas mal de portages, les organismes commencent un peu à souffrir et la pente est raide. La descente qui suit était la plus technique de la journée. Elle se termine à Glandage (860m) où nous attend le dernier ravito de l’étape. On prend le temps de se ravitailler. Un gars de l’organisation nous annonce qu’il reste plus qu’à passer le col de Lus (1500m).

On entame la montée, l’essentiel se fait sur piste mais le soleil et la chaleur tapent vraiment beaucoup. Il fait près de 34°C et mon frère et moi prenons tout les deux un coup de chaud : un moment vraiment difficile…

On reste prudent dans la descente suivante et après quelques coups de cul bien destructeurs, on arrive à Lus la Croix Haute à 1030m d'altitude (arrivée de l’étape) bien cramés. L’étape de 58 km (+2800 m) est bouclée en 5h49 à la 26ième position (voir le classement complet de l'étape 1).

Rapidement, on rejoint le camping de la condamine à Lus où nous attendent mon père et Violaine (qui ont essayé de monter les tentes...). On commence par se nettoyer un peu, moi je décide de ne pas perdre de temps en faisant la queue aux douches, je me lave directement avec le jet du lavage vélo. On mange un peu, on s’hydrate et on essaie de se reposer au maximum. Au mieux, j’ai du dormir une vingtaine de minutes. A 17h30, on monte prendre le repas à la salle des fêtes de Lus. Le menu est une bonne paëlla, ça fait du bien. Ensuite on redescend au camping afin de préparer les vélos et les éclairages pour l'étape de nuit.

2ème étape :

Voir le tracé sur google earth

Cliquez pour agrandir

Cliquez pour agrandir

 

A 21h30, l’étape de nuit est lancée. Ça part sur une petite route en montée, puis rapidement on passe sur une piste. On va jusqu’au col des Tours (1680m). Après ça, on enchaîne pendant 30 bornes une succession de montées et de descentes. Souvent c'est raide, et il y a donc pas mal de portages. On passe parfois sur des sentiers en balcon au milieu de pierriers. On ne voit rien autour de nous car c’est tout noir mais on imagine assez facilement le vide en dessous. Les pompiers sont là au cas où quelqu'un tombe, c’est rassurant !

Le départ de l'étape de nuit...

Perdu dans les montagnes !!!


Source : Photo Lionel Pascale - Site web.

Dans les descentes, on est pas mal avantagés grâce à nos deux éclairages au HID. Les mecs en profitent un peu car certain n'ont même plus de lampes (piles HS). On arrive au ravitaillement de St Julien de Beauchène (940m). On ne s’attarde pas trop car le froid commence à se faire sentir. Il nous reste la dernière montée de l’étape, puis c’est la descente technique vers Lus La Croix Haute. On arrive aux environs de 2h du matin à la 22ième place (voir le classement complet de l'étape 2). On prend même pas le temps de manger la soupe, on n'a qu'une seule envie, c’est de dormir. Après un passage rapide aux douches du camping, on se couche dans la tente vers 2h45.

 

Dimanche 24 mai :

On se réveille à 5h, après seulement 2h15 de sommeil. Je n’ai pas envie de sortir du duvet, surtout que dehors il fait un froid de chien (environ 5°C). Et oui, Lus la Croix Haute c’est à plus de 1000 m d’altitude et avec l’humidité des rivières, il fait très froid la nuit. Tous les deux, on est crevé, on va rapidement au petit déjeuner à la salle des fêtes à 6h15, et à 6h30 le départ de la 3èmeétape est lancé.

3ème étape :

Voir le tracé sur google earth

Cliquez pour agrandir

Cliquez pour agrandir

 

Nous partons vraiment prudemment car on est déchiré. Pour commencer, on remonte jusqu’au col des Tours à 1680 m (même chose que l’étape de nuit) et on poursuit cette fois jusqu’à la crête au dessus (1800m). On rattrape quelques équipes dans la montée. Certains sont bien plus cramés que nous. On suit un moment la crête, le paysage est magnifique.

au départ de Lus la croix haute

Nous attaquons ensuite une superbe descente sur un single qui traverse les alpages.

On arrive au 1er ravito à La Cluse (1200m). Ensuite les kms s’enchainent en montée ou en descente. Il y a pas mal de pistes, heureusement pour nous ! Mais de temps en temps le parcours nous fait remonter en haut d’un col, ça fait mal aux jambes.

On atteint St Etienne en Devoluy (1280m) où commence la montée du col du Noyer (1680m). Le début très raide se fait en portage puis on rejoint la route jusqu'en haut du col. Il fait chaud, trop chaud. Les organismes sont fatigués, ça tire dans les cervicales, la plante des pieds brûle, le cul tout irrité se transforme peu à peu en chou fleur...

 

Les 20 derniers kms sont assez roulants mais parsemés de coups de cul. Au dernier ravito à la chapelle notre dame du bois vert (1185m), je constate que beaucoup d’équipes élites sont là avec nous. Les écarts sont serrés. Avec mon frère on a donc décidé de lâcher tout ce qui nous restait dans les tripes dans les deux derniers kms. Ils m’ont paru durs ces 2 kms en faux plat montant pour aller jusqu’au Col Bayard (1240m). J’étais à bloc, on a bien du monter ça à 25 à l’heure, et au final ça a payé puisque qu'on a doublé 4 équipes en 2 km !

l'arrivée

Le franchissement de la ligne d’arrivée est comme un immense soulagement. C’est énorme. On ne peut pas décrire les sensations, mais c’est l’euphorie. On termine l'étape en 6h53 à la 23ième position (voir le classement complet de la l'étape 3)...

 

L'heure du bilan :

Au classement général, on fini 23ième en bouclant les 175 km en 17h05. 39 équipes terminent le raid. Voir le classement général.

Mon frère et moi sommes vraiment ravis de ce raid. C'est une épreuve inoubliable, une organisation extraordinaire avec des centaines de bénévoles partout, un parcours magnifique par son paysage et extrêmement exigeant physiquement et techniquement. C'est une superbe aventure humaine également avec mon coéquipier, et aussi avec les autres concurrents... Bref, la souffrance mélée à l'adrénaline et au plaisir, c'est un coktail d'enfer !!!

Pour finir, je voulais remercier certaines personnes : merci à Eric de nous avoir prêté le GPS et une lampe, merci à JP pour m'avoir réglé mon vélo jusqu'au dernier moment, merci à mon frère pour avoir fait ce raid avec moi, merci à nos assistants (Papa, Violaine, Jenny) qui nous ont encouragé jusqu'à prendre des coups de soleil, merci à mon kiné qui ma réparé le genou juste à temps, merci aussi à ceux qui nous ont prêté du matériel de camping... Enfin un grand merci aux organisateurs et aux bénévoles. Et j'espère, à l'année prochaine !!!

 

 

Ajouter un commentaire

VVoir les commentaires (11)