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Cela faisait bien longtemps qu'Eric, Vincent et moi parlions de faire la transvésubienne. Cette épreuve VTT marathon située au départ de La Colmiane et à l'arrivée à Levens est connue pour son extrème difficulté à la fois physique et technique. Les inscriptions sont limitées chaque année à 400 participants et le nombre d'abandons est toujours impressionnant. Voilà plusieurs mois qu'on s'y préparaient sur nos chemins auvergnats, en essayant de faire un maximum de sentiers techniques, de portages, et en passant le maximum de temps sur le vélo...
On se dirige ensuite vers notre camping à une quinzaine de minutes en voiture en contre bas de La Colmiane. L'hébergement pour 60 € la nuit est correct. On est logé dans un mobil-home. Il n'arrête pas de pleuvoir.
On mange un gros plat de pâtes et à 21h30 on va se coucher...
Dimanche 25 mai : JOUR J
Cinq petites minutes avant le départ, l'organisateur nous fait un briefing rapide. Il nous annonce qu'avec cette météo pourrie, ils ont décidé d'écourter le parcours et qu'on ne montera donc pas à Peira Cava. Soit disant que le sentier qu'on devait emprunter était trop boueux et que ce serait l'orgie. Cela nous évite environ 1 h de course et 700 m de D+. A la place nous prendrons dès la sortie de Lantosque un portage bien pentu et on restera sur un chemin en balcon avec plus ou moin de gaz. L'organisateur nous dit mot pour mot :"On a pas eu le temps d'aller voir si ça passe car on a décidé ça cette nuit, on sait qu'il y'a une partie chaude avec des éboulis donc vous ferez gaffe quand même" !!! Là évidemment, tout le monde se marre bien... A 7 h 00, le départ est donné façon mégavalanche. On part en effet sur une piste de ski en descente pendant à peu près 500 m. Tous les 3 on préfère partir doucement pour ne pas prendre de risque dans l'herbe mouillée. On attaque ensuite une montée sur piste qui nous enmène jusqu'au sommet de la station. A partir de là c'est le début des singles. On grimpe jusqu'à 2000 m d'altitude via des sentiers étroits et boueux. Au début ça passe un peu sur le VTT, puis très vite c'est plus que du portage. Tout le monde est à la queue leu leu, ça avance à petit pas. Puis on commence à trouver la neige. De grands névés coupent le chemin à de nombreux endroits et on voit les permières glissades.
Une fois au col du Fort on attaque la descente la plus longue. Elle nous enmène jusqu'a Lantosque à 470 m d'altitude. On descend de plus de 1 500 m de dénivelé, rien que sur du single. C'est de la folie. Les épingles s'enchaînnent, les passages à flanc de montagne, en sous bois ou bien à découvert : tout y est !!! La boue, les cailloux et les racines mouillés rendent la descente encore plus technique. Il y a pas mal de marches à passer, c'est assez chaud avec mon VTT semi rigide. Eric est dans ma roue, on descend à bonne allure puisqu'on rattrape une bonne quinzaine de personnes. On se fait quand même un peu doubler par certains extraterrestres qui descendent comme des furieux : vraiment impressionnant !!!
Au bout d'un certain temps je m'aperçois qu'Eric n'est plus derrière, je ralentis un peu et je le vois revenir, il m'avouera plus tard qu'il a basculé dans un petit ravin de 2 ou 3 m et qu'il a bien peiné pour remonter... Plus de peur que de mal, heureusement ! Devant moi je vois sans arrêt des mecs qui se cassent la gueule dans les épingles, certains commencent à craquer !
On repart donc sous la flotte et direct à la sortie du village, on attaque par un gros portage. On monte un bon moment, puis on commence à suivre le sentier sur le flanc de la montagne.
On arrive ensuite sur une petite route qui monte à 6 ou 7 %. On se dit avec Eric :"Que ça fait du bien de pouvoir rouler un peu, à 10 ou 12 km/h" !!! Cela dure à peu près 2 km et paf nous voilà repartis pour du single sinueux, technique et boueux, entre portage/poussage et roulage à faible allure. Le parcours continue comme ça, avec alternance de montées et de descentes jusqu'au second ravitaillement situé au col de la Porte (1 000 m). Eric et moi on remonte encore pas mal de monde à ce niveau là, Vincent quant à lui nous rejoindra comme toujours au ravito.
Heureusement pour se réchauffer, on repart sur une piste en montée pendant 2 km. Puis on attaque une descente de folie, super technique, dans les pierres mouillées, et sur un terrain très gras et très glissant. Vincent et moi on passe quasiment tout à pieds. Eric, lui passe une bonne partie sur le vélo. En bas, on traverse un petit ruisseau, ça fait du bien pour nettoyer les pneus et les chaussures. Là il y a une équipe de secouristes en cas de besoin. On remonte en portant le vélo jusqu'au col Saint Roch, et on attaque de nouveau une trop bonne descente. La première partie est difficile car assez raide et assez glissante mais la seconde partie est vraiment trop géniale. Tout en singles avec un tas d'épingles, à la fois techniques et ludiques, on a tous les 3 vraiment appréciés cette descente. Malgré tout et comme souvent depuis le début, il y avait pleins de passages où l'erreur était interdite sous peine de rattérir 5 ou 6 m plus bas. Sur la fin je me fais une petite frayeur : dans une épingle je pars à la faute et je rape un peu dans les cailloux. Rien de grave heureusement. On arrive Eric et moi au pont de l'Engarvin (500 m), où on nous annonce :"Prenez votre temps les mecs, ça monte un bon moment maintenant". Et en effet il faut remonter jusqu'au col Saint Michel (1 050 m) où nous attend le 3ième et dernier ravitaillement. On commence l'ascension tout doucement sur un single, on pousse un peu les vélos avec Eric car le sentier est raide et on préfère ne pas trop se fatiguer. On attaque ensuite un single un peu moin raide mais toujours technique. Eric me dit :"ça te dit qu'on monte en vélo ?" ; je lui réponds :"Bein le souci, c'est qu'on sait pas trop jusqu'où ça monte..." et là il me dit : "Bein regarde là haut, ça doit être ça le col". Sous ces paroles, j'acquiesce et on commence à monter en vélo entre 4 et 5 km/h. On double un bon paquet de participants qui eux préfèrent marcher... Puis on arrive, à l'endroit qu'Eric avait désigné bien plus bas comme étant le col, bien contents de notre ascencion.
Mais là catastrophe, deux spectateurs nous disent :"Le col est encore à 2 km" ! Alors on ralenti considérablement le rythme bien qu'on soit maintenant sur une piste. A chaque virage on prie tout les deux pour que ce soit le ravito, mais celui ci n'arrive pas. Je commence à me sentir mal, la tête tourne, un peu la nausée, plus rien dans les jambes : c'est pas bon signe ! Eric fait un peu pareil je crois. Je lui dit :"Je peux plus, faut que j'marrête manger, j'ai la fringale" !
A partir de là on sait qu'il reste 15 km pour rallier l'arrivée, avec 300 de D+ et 800 de D-. Tout se fait là encore sur du single. Au début c'est bien technique, je passe pas mal de passages à pieds dans les descentes, Eric me lâche et je ne le reverrai pas avant l'arrivée. Cela doit faire 8 h maintenant qu'on est partis et je commence à manquer de lucidité, je fais pas mal d'erreurs, si bien qu'en voulant descendre de mon vélo, je me rate et je pars à la renverse en arrière. Le vélo reste sur le chemin et moi je me retrouve 3 m plus bas coincé dans des genêts : heureusement qu'ils étaient là ! J'essaye tant bien que mal de retrouver ma concentration. J'arrive ensuite sur une ultime grosse descente, toujours pleine de boue et assez raide. Je m'en sort pas trop mal, j'évite les chutes.
A l'arrivée on a le droit à un repas chaud avec paëlla, pain, fromage, et un beignet. Après le lavage des vélos il est temps de réfléchir à de quelle manière récupérer la voiture avec toutes nos affaires, afin de pouvoir prendre notre douche. On avait tous les 3 payés pour prendre la navette qui nous ramène à la Colmiane mais c'est le bordel, car déjà ils veulent pas nous laisser rentrer avec toute cette boue et en plus on nous apprend que la navette met 2 h pour revenir à la Colmiane. Par chance Eric trouve un copain qui accepte de le ramèner jusqu'à La Colmiane (1 h en voiture). Il redescend de suite avec toutes nos affaires. Il nous rejoint Vincent et moi complètement frigorifiés à 20 h 00. Il n'y a plus personne, tout est plié, on prend notre douche vite fait et on descend sur Nice où nous attendent les parents d'Auréliane pour nous héberger pour la nuit. On repart le lendemain matin et on est de retour à Clermont à 19h30 !!!
Mercredi 28 mai : J+3, l'heure du bilan : - Environ 70 km pour soit disant 2 700 m de D+ et 3 500 m de D-. Le parcours à l'origine prévoyait 81 km, 3 000 m de D+ et 4 000 m de D-. Il y avait près de 95 % de singles et je pense qu'on a porté ou poussé les vélos pas loin de 40 % du temps. Voici le profil prévu :
et celui à proximatif que nous avons eu :
Je pense que nous avons eu le droit à une transvésubienne moins dure sur le plan physique que les années précédentes, déjà parce que le parcours a était raccourci mais aussi parce que la chaleur et le soleil sont d'avantages nocifs pour l'organisme que la pluie. En revanche je crois que sur le plan technique, nous avons eu une des transvésubiennes les plus difficiles, avec la boue, les racines et les cailloux glissants...
- Au niveau des résultats, il y a environs 300 arrivants pour 400 inscrits au départ. Eric termine 117ième en 8 h 48, moi 132ième en 9 h 01 et Vincent 148ième en 9 h 11. C'est Thibault Legastelois qui gagne en 5h55. Voici le classement complet... Je pense avec le recul qu'on aurait pu, en connaissant très bien le parcours faire tous les 3 une bien meilleure place. Je crois que sur cette course, la connaissance du parcours est primordiale. On aurait peut être pu gagner entre 30 et 45 min ! A voir la prochaine fois...
- Au niveau de l'organisation : pas grand chose à redire. L'inscription de 45 € est un peu chère mais je pense que ça vaut le coup pour une telle course, avec un parcours aussi vertigineux. Les ravitaillements étaient agréables, avec fruits, barres de céréales, fromage, coca,... Pas de problème également au niveau du balisage.
- Au niveau du matériel, il était indispensable d'avoir bien préparé son VTT. Merci donc à JP qui m'avait réglé le mien au poil ! Après un bon nettoyage je me suis quand même aperçu des nombreuses rayures sur le cadre et du disque arrière complètement voilé, mais bon vue les endroits pas lesquels on est passés, c'est incroyable de pas avoir plus de casse !!!
En bonus : - Le site officiel de la transvésubienne : www.transvesubienne.com - Une vidéo du départ de l'épreuve : http://www.dailymotion.com/video/x5kmqq_transvesubienne-2008-le-depart_sport - Deux vidéos de la descente de folie sur Lantosque : 1 et 2 - Le forum 1001 sentiers, avec pleins d'infos sur la transV : http://www.1001sentiers.fr/forum/
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